Hervé Le Bis

Strasbourg le 10 janvier 2016

 

Diffraction et introspection. Hervé Le Bis

 

« La peinture doit revenir à son but premier, l'examen de la vie intérieure des êtres humains »

Pierre Bonnard

 

A l'époque des fauves, les peintres cherchaient, avant tout à représenter le réel, tout en dépassant la photographie. De nos jours le travail qui nous fait face, est plus proche de la réalité de la diffraction de la lumière, et est ancrée dans l'art de demain, grâce à ces touches expressives, fortes et sensibles à la fois, juxtaposées à quelques aplats.

 

Dans l' univers d'Hervé Le Bis, il s'agit de peindre l'intérieur de toute chose. Qui, comme chacun sait n'est que mouvement et lumière. Mouvement de la touche qui virevolte sur la toile comme le mouvement des particules élémentaires à l'intérieur des atomes ; et lumière diffractée comme dans un prisme, ou comme par l'atmosphère laissant apparaître l'arc en ciel. Ces peintures nous montrent une réalité augmentée, vibrante et chatoyante. La force du sujet est magnifiée par la touche et les couleurs choisies. Ainsi la lumière et le mouvement peignent les volumes, et habitent paysages et cieux.

 

Ce travail questionne l'art. Embrassant l'histoire, tout en nous emportant au delà d'aujourd'hui. Au delà de ce présent, au delà de notre quotidien. La peinture c'est un cadre, une toile, des couleurs, des formes et une conscience. Et grâce à cette conscience, nous partons dans un voyage silencieux, ou comme le disait Bonnard à l'intérieur de nous même.

 

Le sujet n'est qu'un prétexte à nous entrainer dans l' émotion picturale. Ainsi dans tous ses tableaux, le regardeur est emporté par la force, la puissance, la douceur ou la sensualité. La lumière se dépose sur les êtres et les éléments et habille toutes choses de couleurs. Les volumes parfaitement mis en valeur par le champ chromatique, évoluent dans l'espace de la toile en une magnifique harmonie. Des triangles divins, des lignes parallèles et obliques organisent la surface et l'on peut se perdre dans la composition, pour mieux s'y retrouver.

 

La mythologie croise ici la contemporanéité ; le phoenix, la jeune fille et la mort, le bestiaire côtoient les berges, l'horizon et les taureaux... Dans cette peinture « Le pittoresque et le pictural » de Paul Signac sont un socle de questions qui sous-tendent le travail. Le pittoresque est transcendé par le pictural. Soit nous portons notre attention sur le signifié et nous manquons l'émotionnel, soit nous portons notre attention sur le signifiant et nous sommes emportés par ce langage silencieux. Ces deux notions sont poussées à leur paroxysme , atteignant la quintessence de ce qu'est l'art aujourd'hui de la culture avec la nature et de la nature avec la culture.

 

 

Muriel A. Bortoluzzi­

 

 


Analyse d'une oeuvre de Hervé Le Bis par Francis Parent (critique et historien d'art)

 

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